a

Projet Anda se propose de rétablir la relation que les usagers entretiennent avec l’espace public, en créant des situations où artistes, architectes, étudiants et voisins conçoivent et fabriquent des pavés hydrauliques, et en assurent ensuite eux-mêmes la pose dans leur propre environnement.

Tout a commencé en 2011, en Argentine, par une série d’entretiens menés avec des artisans paveurs afin d’enquêter sur les modes traditionnels de fabrication dans des pays comme l’Espagne, l’Inde, le Portugal et l’Italie. Nous avons alors adapté ces procédés semi-industriels et leurs matériaux à des matières et usages plus contemporains. Les outils et matériaux que nous utilisons peuvent se trouver dans n’importe quel magasin ou grande surface spécialisée en matériel de bricolage et de construction. Nous avons remplacé les ustensiles les plus spécifiques par d’autres beaucoup plus simples, en plastique, en verre ou en bois.

Depuis 2013 nous travaillons en collaboration avec des institutions et associations, en dotant les communautés d’un moyen de valoriser les espaces qu’ils habitent et traversent.

14

Renforcer, se rassembler, inventer

Renforcer, reconstruire, repenser la relation que nous entretenons avec les espaces à usage collectif. Se rassembler pour penser, concevoir et fabriquer. Jouir de la détente propre au travail manuel. Réparer les trottoirs du quartier, de la cour d’une école, d’un lieu public. Inventer, grâce à ce geste, un lieu, un temps et un espace conçus par et pour tous.

Projet Anda intervient à tous les niveaux des relations humaines et de leur contexte social. Il prend la forme d’un atelier d’où part cette opération de restauration, et où le lien qui s’établit entre tous les acteurs impliqués durant le procéssus, occupe un rôle central. Pour nous il est nécessaire de prendre en charge notre décor, d’opiner, de comprendre et enfin d’agir sur le territoire que nous habitons. L’atelier est un dispositif et un outil de construction pour concevoir notre propre environnement. C’est une machine d’invention sociale.

Chaque action, chaque pavé est un élément isolé qui prend sens dans une composition générale. Nous mettons en place des situations où l’intérêt de chacun se fond dans celui des autres et où l’on peut découvrir le sens profond de se que signifie vivre ensemble, travailler ensemble et construire le langage ensemble.

> book online

2

1908096_950918708258271_7259461228836098674_n

A PROPOS DU PAVEMENT HYDRAULIQUE

Le pavement hydraulique est un revêtement décoratif de ciment pigmenté à usage intérieur ou extérieur. Il fût inventé dans le sud de la France au milieu du XIXème siècle, et se répandit largement en Belgique, Espagne, Italie et Portugal.

On en trouve les premières traces en 1857, comme alternative à la pierre, et notamment au marbre, mais c’est à l’Exposition Universelle de Paris de 1867 que ce revêtement fut présenté comme une céramique qui ne nécessitait pas de cuisson, mais qui était solidifié par des presses. Les dimensions habituelles des céramiques étaient de 20 cm x 20 cm et de 15 cm x 15 cm. La coïncidence de cette technique avec le mouvement Art Nouveau apparaît dans les motifs représentés: dessins de formes géométriques, floraux et végétaux. Au début du XXème siècle ils existaient de nombreux ateliers de pavés hydrauliques dans les villes les plus importantes du continent américain. Il devint le pavement le plus populaire dans les nouvelles constructions grâce à ses propriétés de matériel à la fois moderne, voyant, et de faible coût. Il fut beaucoup utilisé jusqu’à ce que d’autres matériaux industriels et encore plus rentables le remplacent dans les années 1960.

Cependant, même si son usage a fortement diminué, il existe toujours quelques petites entreprises familiales qui continuent à fabriquer ces pavés de manière traditionnelle. Le système de fabrication n’a pas presque pas changé depuis leur création. Les matériaux utilisés leur donnent une grande résistance et solidité, et permettent leur usage à l’intérieur comme à l’extérieur. Les pavés hydrauliques sont fabriquées un par un. L’artisan choisit les couleurs et prépare une pâte, en mélangeant de l’eau, du ciment blanc et des pigments.

Ce mélange est coulé dans un moule spécial appelé “trépa” et qui contient des séparations en métal encastrées dans un socle. Chaque espace est rempli avec la couleur correspondante. Plus le dessin contient de nuances de couleur, plus il faut de temps de préparation. Cette couche, décorée, sera celle qui sera visible lorsque la mosaïque sera posée, et mesure 4 à 5 mm d’épaisseur. Une fois le “trépa” rempli avec les différentes couleurs, on ajoute une seconde couche d’épaisseur comparable, formée d’un mélange de ciment gris et de sable et qui a pour fonction d’absorber l’excès d’eau de la première couche.

Finalement, on remplit le moule avec 20 à 25 mm de ciment gris commun à la texture poreuse qui sert de support et facilite la pose. Le moule plein est alors placé sous une presse hydraulique qui comprime fortement l’ensemble. Le carrelage est ensuite sorti du moule, séché, puis immergé durant 24 heures. Une fois le ciment parfaitement durci, les dalles sont pulvérisées d’eau et sont gardées dans une pièce humide durant 20 jours, le temps que le ciment durcisse à la suite du processus chimique commencé avec l’eau. C’est de là que ces carreaux tirent leurs nom « hydraulique », et non du fait d’être pressés avec des presses hydrauliques puisque cette phase était à l’origine manuelle.